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Les Fuites de Méthane issu de l’Industrie des Hydrocarbures largement sous-estimées

Une étude internationale impliquant des chercheurs du CNRS et du CEA et la société Kayrros révèle des centaines de fuites majeures de méthane liées à l’exploitation mondiale du pétrole et du gaz. Les scientifiques montrent que leur atténuation entraînerait des bénéfices climatiques et économiques se chiffrant en milliards de dollars pour les principaux pays producteurs d’hydrocarbures.

Contributeur majeur au changement climatique, le méthane (CH4) a un pouvoir de réchauffement sur 100 ans environ 30 fois supérieur à celui du CO2.
Un quart des émissions anthropiques de ce gaz à effet de serre provient de l’exploitation mondiale du charbon, du pétrole et du gaz naturel, dont le CH4 est le principal composant. En 2018, une étude avait déjà exposé, à partir du cas des États-Unis, la vaste sous-estimation dans les inventaires officiels des émissions liées à l’extraction et à la distribution du pétrole et du gaz. Un écart qui s’expliquerait par des rejets sporadiques non déclarés de grandes quantités de méthane par les exploitants de la filière.

Cette nouvelle étude quantifie mondialement les plus abondantes des émissions de méthane libérées dans l’atmosphère par le secteur des hydrocarbures en analysant de façon systématique des milliers d’images produites quotidiennement pendant deux ans par le satellite Sentinel-5P de l’ESA. Ils ont ainsi cartographié 1 800 panaches de méthane à travers le globe, dont 1 200 ont été attribués à l’exploitation d’hydrocarbures.

« L’industrie prétendait que ces événements étaient exceptionnels. On a été très surpris de découvrir que ces fuites avaient lieu tous les jours, entre 50 et 150 fois par mois en moyenne, libérant des quantités gigantesques de méthane, autour de 25 tonnes par heure », réagit Thomas Lauvaux, premier auteur de l’étude et chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement.

Les scientifiques estiment que ces fuites ont un impact climatique comparable à celui de la circulation de 20 millions de véhicules thermiques pendant un an, à l’ensemble des émissions du secteur aérien ou encore aux rejets carbonés de l’Australie depuis 2005.

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Carte montrant la localisation des principaux gazoducs et les principales sources d’émission de méthane liées à l’industrie pétrolière et gazière.